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Rapport annuel 2021: le mot de Mme Amina Bouayache, présidente du CNDH

Le monde est toujours en crise, le Maroc essaie d’y faire face. En 2021, le rapport sur le nouveau modèle de développement a été publié, les lois cadre sur la protection sociale et la fiscalité adoptées et les marocains ont voté aux trois scrutins, législatif, régional et communal, tenus en un seul jour, avec un taux de participation inédit, depuis le début des années 2000. En même temps, la pandémie continue de faire des victimes, l’état d’urgence sanitaire est toujours en cours, et les retombées économiques de cette situation se font ressentir de plus belle.

Mais la pandémie n’est pas forcément une fatalité. Elle peut aussi être une opportunité pour construire un Etat social, en mesure de répondre aux attentes et aux besoins des citoyennes et citoyens, dont on a vu les prémices en 2020. Une chose est sûre, sans relance économique solide et sans politique économique équilibrée, il serait difficile de répondre aux exigences de l’Etat social et de garantir les droits fondamentaux des citoyens d’une manière effective.

En effet, garantir les droits fondamentaux des citoyens et citoyennes, ne peut se faire sans une économie solide et innovante, capable de réduire les inégalités, creusées par les disparités sociales et spatiales. A défaut d’une économie nationale puissante et stable, les reformes législatives entamées resteraient sans grand effet.

De son côté, le CNDH continue à renforcer ses interventions en matière de protection des victimes, érigées en priorité, et d’élargir ses interactions avec les universités et la société civile, dans l’objectif d’engager une réflexion sur les questions émergentes en matière des droits de l’homme, à savoir celles relatives aux réseaux sociaux, dépositaires des libertés d’expression et d’opinion, ainsi que l’impact de l’Intelligence artificielle sur la protection des droits des personnes

L’approche du CNDH en matière de lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles est basée sur l’encouragement des victimes à déposer des plaintes en vue de promouvoir la lutte contre l’impunité. C’est dans ce cadre que le Conseil a procédé au lancement d’une campagne de sensibilisation, s’étalant sur une période d’une année, allant de novembre 2021 au novembre 2022.

Les différents mécanismes nationaux du CNDH sont désormais pleinement opérationnels.  Ainsi le mécanisme de prévention de la torture, qui a effectué 31 de visites dans différents lieux de privations de liberté et 11visites de suivi, pour s’assurer de la mise en place de ses recommandations. Celui du recours pour les enfants victimes de violation de leurs droits droits a, entres autres, organisé des auditions pour les enfants victimes des violations des droits de l’homme et en situation de vulnérabilité et des campagnes pour promouvoir l’accessibilité des enfants audit mécanisme.

Pour sa part, le mécanisme de protection des personnes en situation de handicap (PSH), a tenu une dizaine de séances de concertation avec les ONG à travers les 12 régions et a lancé le débat pour la révision des dispositions relatives à la capacité juridique des PSH 

Malgré les restrictions de la pandémie, le CNDH a continué ses interactions avec les différents organes et mécanismes des Nations Unies, de l’Union Africaine et les différents réseaux des Institutions nationales des droits de l’Homme (INDHS) sur différentes problématiques. Le CNDH a, ainsi, été élu, pour la première fois, depuis sa création en 1990, vice-président de la Coalition mondiale, des institutions nationales des droits de l’Homme (GANHRI), qui regroupe 122 institutions à travers le monde.

Une première leçon à tirer de l’exercice de 2021, avec ses turbulences et vicissitudes, est que la pandémie, nous impose tous, acteurs des droits de l’homme institutionnels et non institutionnels, d’apprendre à s’acquitter de nos missions, surtout de protection des victimes, dans des situations de risques. Cela nous interpelle aussi à revisiter nos évidences et revoir nos modes d’intervention.

Il me semble urgent de prendre conscience de l'ampleur et de la profondeur des transformations en cours, des sociétés des certitudes et des modèles tout faits, incarnées par l'étape prépandémique, à des sociétés des risques. Cette mutation, dont le noyau s'est formé dans le contexte des crises que l'humanité a connues au cours du XXe siècle et s’est cristallisé plus clairement avec le début de l'émergence du monde post-Covid 19.

  Amina Bouayach
 Présidente du Conseil national des droits de l’Homme

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